La lettre d'Eurotechnopolis
  N° 15 - DÉCEMBRE 1999  

malho.net

Iriez-vous porter plainte parce que l'on vous a "estampillé" 50 Francs ?! Non, certainement pas. Même de fort méchante humeur, vous n'iriez pas perdre votre temps, celui d'un avocat et dépenser plus d'argent par la même occasion. La Netéconomie fait profit de ces petites malhonnêtetés qui consistent à prendre quelques francs ça et là, mais des centaines de fois et d'y gagner de petites fortunes. Cela s'appelle le rendement croissant de l'économie en réseau.

Au début de l'informatique, on parlait du "centime millionnaire". A l'époque, l'astuce consistait à pratiquer un arrondi supérieur aux opérations comptables, ce qui permettait de grappiller quelques centimes en plus sur des milliers de factures. Un grossiste en boutons y gagna de quoi s'établir au Brésil.

Aujourd'hui, le Net favorise ce mode de la malhonnêteté, ni franche, ni importante et difficile à sanctionner. Prises isolément, ce sont de petites opérations qui jouent sur l'ambiguïté d'une publicité, d'un contrat, de la petite grivèlerie en somme. Compuserve a longtemps joué sur l'ambiguïté de son offre d'abonnement gratuite pour facturer sans tarder les imprudents qui chargeaient la disquette offerte un peu partout. L'absence d'accueil téléphonique, l'utilisation de courrier en anglais et le fait que le premier débit bancaire soit commencé avant la fin de la période d'essai n'ont rien d'innocents.

En France, le cyberconsommateur reste démuni face à ces pratiques. Pour se défendre, les consommateurs de services en ligne canadiens et américains ont organisé des groupes de discussion sur Usenet (all.consumers.experiences) afin d'identifier les compagnies qui de façon systématique grugent volontairement ou involontairement leurs clients. Disposons-nous de sites spécialisés (au Canada voir escrow.com) pour dénoncer ces "malhon.net" et voir les pouvoirs publics agir en conséquence ?

Parfois c'est bien plus grave. Des individus dans l'exercice de leurs fonctions font l'objet de fichiers qui font état de délits imaginaires, de dettes inexistantes ou qui ne les concernent pas. L'organisme américain "Public Interest Research Group" (PIRG) vient de contrôler les fichiers des trois officines qui couvrent la quasi-totalité du marché du renseignement sur les consommateurs : 90% des dossiers sont inexacts ou mensongers. Ces fichiers se vendent comme des petits pains dans tous les Etats-Unis, alors que, contrairement à ce qui est possible pour un dossier administratif, les principaux intéressés n'arrivent pas à y accéder. La CNIL française dispose-t-elle du pouvoir de contrôle du PIRG ?

Sur Internet, l'arnaque en ligne vit comme un poisson dans l'eau. On peut toucher des millions de gens pour un coût très raisonnable, par exemple faire passer pour un vrai titre de bourse ce qui n'est qu'une action "virtuelle" ! Un faux site, quelques articles bidonnés, un battage publicitaire qui fait apparaître le titre comme l'investissement du moment et vous voilà détenteur d'un titre "dématérialisé" et sans valeur. En cas de problème voir http://www.sec.gov/. Quel site appelez-vous dans ce pays ?

La Commission européenne prévoit de donner aux consommateurs qui effectuent des achats sur l'internet le droit de s'adresser à leurs propres tribunaux quand l'achat est effectué sur un site web interactif. L'organisation européenne des consommateurs souligne que la proposition de règlement de la Commission suit l'avis unanime exprimé en mars dernier par les ministres européens de la justice et de l'intérieur. L'industrie conteste vivement le projet de règlement européen, estimant qu'il va porter atteinte au développement du commerce électronique. Elle considère que la compétence judiciaire applicable doit être celle du pays du fournisseur. En cas de litige de droits entre deux pays, qui l'emporte ? Difficile de croire à l'observation que se sera la partie lésée. Alors, à quand un organisme qui dénonce les entreprises malhon.net !?

Denis Ettighoffer

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Les travailleurs indépendants recrutés par les entreprises sur Internet

Le recrutement en ligne connaît un développement rapide. Selon USA Today, il s'agirait d'une tendance lourde observée à partir de la progression du nombre d'offres d'emplois en ligne qui atteint 963 000 en 1998, soit une augmentation de 60% par rapport à 1997 (1). Le cabinet de recrutement Monster.com, un des plus importants sur le réseau, s'est lancé à la recherche de travailleurs indépendants au printemps 1999 pour des prestations aux clients - des entreprises principalement - de services à distance ou autour d'Internet. Le site de Monster.com présente une série d'histoires d'entreprises auxquelles ce choix a réussi; on peut tirer quelques enseignements en France de ces cas exemplaires (success stories).

Pourquoi ces entreprises font-elles ce choix ?
The Kenerson Group, filiale de Vegetation Control Services, implantée à Boston, travaille dans une niche : un logiciel de sa conception basé sur des systèmes d'informations géographiques destiné à aider les distributeurs d'électricité à gérer l'environnement des lignes électriques. Kerri Kenerson qui dirige l'entreprise explique qu'une "grande part de la programmation se fait en interne. Mais lorsque nous abordons des questions au-delà de notre expérience, nous faisons appel à des travailleurs indépendants dont la charge de travail peut se situer entre 3 heures et 20 heures par jour".

Pour Bo Grey, directeur des nouveaux développements du Tech Management Group, cabinet de conseil de Chicago spécialisé dans le commerce électronique et le montage d'affaires sur Internet, les travailleurs indépendants compensent l'absence d'une compétence interne, sur-le-champ, "surtout les tâches qui demandent de nouveaux développements logiciels. Les travailleurs indépendants arrivent ici, utilisent leurs compétences pour créer une solution. Une fois le développement terminé, les salariés permanents peuvent prendre en charge l'entretien et le suivi".

Nombre d'entreprises soulignent le fait que le recours à des travailleurs indépendants leur permet de mieux se concentrer sur les tâches qui relèvent de leur compétence. Les avantages les plus régulièrement mentionnés par les entreprises qui font appel à ces télétravailleurs, quel que soit leur statut, sont les suivants : meilleure concentration sur le travail, flexibilité, possibilité de trouver des compétences dans d'autres parties des Etats-Unis où elles coûtent moins cher que dans les grands centres urbains, diminution des charges fixes, etc.

Comment travailler avec des travailleurs indépendants ?
Anna Belyaev, propriétaire de Type A Multimedia Network, société de service basée à Chicago qui conçoit et réalise des sites Internet et des cédéroms pour les universités, indique l'état d'esprit général des relations entre un chef d'entreprise et les travailleurs indépendants auxquels il fait appel. "Mon objectif est de leur offrir le type de travail qui les rend heureux et leur procure ce dont ils ont besoin. J'apprécie le fait qu'ils se spécialisent dans le domaine qu'ils préfèrent". L'attitude face aux indépendants a une grande importance "Considérez-les comme vous le feriez d'un nouveau client. Gardez en tête que lorsque vos travailleurs indépendants ne travaillent pas pour vous, ils rencontrent des tas d'autres personnes et de nouvelles opportunités de travail - notamment avec vos concurrents ou les concurrents de vos clients."

En général, les chefs d'entreprise sont conscients des obligations mutuelles entre l'entreprise et les travailleurs indépendants, responsables et motivés par eux-mêmes.

L'expérience de ces entreprises suggère quelques éléments importants pour insérer ces travailleurs indépendants dans un projet avec un client. Tiffany Phelps, présidente et fondatrice d'Alpha Dog Productions, entreprise de San Francisco qui organise des campagnes de promotion sur Internet pour ses clients et réalise les pages Web correspondantes, donne deux premiers conseils pour le démarrage de ce type de collaboration : lui présenter entièrement la situation et préciser ce que l'on attend de son intervention. Ensuite il faut absolument le faire venir aux réunions avec le client. Celui-ci n'a nullement besoin de savoir qu'il s'agit d'un travailleur indépendant, il suffit de l'informer qu'il est en charge de telle ou telle tâche spécialisée. Tout au long du projet, le travailleur indépendant devra fournir des informations sur l'état d'avancement de son travail et respecter les délais. Kerri Kenerson conseille de se méfier de l'abus des NTIC dans ce travail et de rencontrer ses travailleurs indépendants en face-à-face aussi souvent que possible. "Cela maintient le contact et assure que le but poursuivi est bien compris de part et d'autre. C'est trop facile de se contenter d'un contact par courrier électronique".

Maintenir le contact en dehors du contexte des projets en cours est un autre conseil important. Kerri Kenerson cite le cas de son entreprise : "La plupart des travailleurs indépendants avec qui nous avons travaillé sont devenus des amis. Nous nous appelons parfois simplement pour bavarder. Ce type de relation les a vraiment incités à revenir travailler pour nous".

Comment recruter des travailleurs indépendants ?
Les chefs d'entreprise qui témoignent ont tous établi une liste de critères sur lesquels ils basent le choix d'un travailleur indépendant. Ce sont d'abord des savoir-faire tels qu'intelligence, talents de programmation, qualité du code source écrit, compétences communicationnelles, formations diversifiées et réussites universitaires brillantes, etc. mais ensuite, et avec une importance presque égale, des savoir-être tels que : respect des délais, respect du budget, capacité à aller au bout d'un travail vite et bien, tout en insistant sur la nécessité d'une entente d'esprit avec l'entreprise et les équipes qui la composent. Comme le dit Michael Lynch, président et propriétaire de Sho-ME! Consulting, société de service en informatique de Baltimore, "je cherche à faire appel à quelqu'un que je voudrais recruter comme salarié. Les travailleurs indépendants doivent être fiables, dignes de confiance et bien représenter mon entreprise. Evidemment, ils sont compétents sur le domaine dans lequel ils sont utilisés".

Plusieurs responsables insistent sur le piège d'un CV regardé sans discernement, sur la nécessité de vérifier les références et de s'enquérir de l'opinion des clients précédents du travailleur indépendant. Comme le conseille Michael Lynch, "regardez bien leur CV, faites l'entretien vous-même et si possible déjeunez avec lui, pour le connaître un peu mieux. Abordez un grand nombre de sujets avec un candidat, juste pour voir où il en est. On peut écrire n'importe quoi dans un CV". Enfin, Mark Zwick, vice-président commercial du Foxman Group, qui loue et aide à gérer des sites Internet, recommande pour s'éviter des déconvenues avec les travailleurs indépendants. D'abord il faut voir large : "Recrutez plus que vous n'avez besoin. Si vous cherchez deux collaborateurs, recrutez-en cinq et supposez que trois vont laisser tomber" ; ensuite "Evitez les amateurs et refusez de collaborer avec des candidats qui acceptent ce contrat en plus de leur travail salarié".

Ces quelques témoignages publics en ligne montrent les nombreuses similitudes entre le recrutement des travailleurs indépendants et celui des travailleurs à distance, quel que soit leur statut. Les méthodes de travail se ressemblent également, elles fournissent des exemples sur les méthodes qui se répandront dans les années à venir et sur les qualités déjà les plus appréciées.

Anne de Beer et Gérard Blanc

(1) cf. S&T Presse n° 704, 28 juin 1999, ambassade de France à Washington

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Le poids d'Internet comparable à l'économie de la Suisse

"L'économie Internet" pesait déjà plus de 300 milliards de dollars aux Etats-Unis en 1998, soit un poids comparable à celui d'une économie comme celle de la Suisse, affirme une étude universitaire publiée début octobre 1999 par le fabricant de serveurs Cisco Systems.

Ramenée au rang du produit intérieur brut (PIB) d'un pays, l'économie sur Internet aux Etats-Unis se situe au dix-huitième rang mondial, juste derrière la Suisse et devant l'Argentine.

Son pôle d'activité rivalise avec les revenus créés par des secteurs aussi importants que l'énergie aux Etats-Unis (223 milliards de dollars), la construction automobile (350 milliards dedollars) ou les télécommunications (270 milliards).

L'activité engendrée par et autour d'Internet comprend celles des entreprises informatiques et de logiciels consacrant tout ou partie de leur chiffre d'affaires soit à l'infrastructure du réseau (groupes électroniques, informatiques, exploitants de réseaux, fibres optiques...) soit aux applications multimédia (AOL, Microsoft, Sun...).

Source :http://www.atsystem.com/surweb/mti/dossiers.htm

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Le site Eurotechnopolis.org

Le site Internet de l'association, "Cité Scientifique Eurotechnopolis Institut" donne la possibilité à tous les internautes de participer aux réflexions de l'Institut surl'évolution de l'économie et du travail sous l'impact des réseaux d'ordinateurs. Il constitue également un espace de rencontre et de dialogue pour les membres de l'Institut.

L'internaute y trouvera l'organisation d'Eurotechnopolis Institut, la liste des partenaires (entreprises privées et administrations publiques) qui l'ont accompagné dans ses travaux et réalisations, la liste des membres de la Cité Scientifique Virtuelle Eurotechnopolis Institut, avec la possibilité de leur écrire directement ou d'accéder à leur site.

La rubrique Bookstore présente les publications de l'Institut : "Le Syndrome de Chronos", "Le Travail au XXIème siècle", "Le Bureau du futur" ainsi que l'ouvrage de son président-fondateur "L'Entreprise virtuelle". Les études et enquêtes réalisés par l'Institut ("Panorama des télécentres dans le monde", "L'impact des nouveaux temps modernes", "Le bureau à domicile" et "Le télétravail dans la presse") sont disponibles en ligne. On peut également y lire quelques-uns des précédents numéros de la Lettre d'Eurotechnopolis Institut.

Le Pressbook présente une sélection d'articles sur Eurotechnopolis Institut, ses membres, ses publications et ses activités, en particulier sur le télétravail, l'ouvrage "Le Travail au XXIe siècle" et le "Concours d'idées sur les ordinateurs et les télécommunications à l'appui de l'insertion professionnelle", organisé par Eurotechnopolis Institut, l'Association Nationale des Entreprises pourl'Insertion (ANEI), EDF, IBM, La Poste et PBS.

La rubrique Conférences et Manifestations présente quelques-unes des rencontres dans lesquelles des membres de l'Institut sont intervenus durant 1998 et 1999 sur des thèmes liés aux NTIC.

Tout visiteur est invité à participer aux forums publics d'Eurotechnopolis Institut d'où sont régulièrement tirées des études et des synthèses, entre autres "Les NTIC et l'insertion économique" et "Communautés et entreprises virtuelles".

Il peut également consulter l'Observatoire International d'Eurotechnopolis Institut dans lequel celui-ci poursuit une veille permanente, notamment sur Internet, afin d'explorer, étudier et clarifier les enjeux associés aux nouvelles technologies et leurs impacts sur l'entreprise, les consommateurs et la collectivité. Les résultats de deux profils de recherche (Campus Virtuel, Télétravail et téléservices, entreprises et organisations virtuelles) soumis en permanence aux moteurs de recherche et annuaires, peuvent être consultés en permanence, triés par score de pertinence (les documents comportant le plus de mots-clés en tête de liste) ou date de référencement (les documents les plus récents en tête de liste).

Enfin, un lien assure un passage direct vers la première pépinière virtuelle française : eBusinessGeneration.com (voir ci-dessous).

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Logo eBusinessGeneration.com A l'occasion du premier salon des micro-entreprises au nouveau Palais des Congrès, Denis Ettighoffer, président d'Eurotechnopolis Institut, a présenté son dernier ouvrage "e.Business Generation, les micro-entreprises gagnent de l'argent sur Internet" (Editions Village Mondial) le vendredi 1er octobre 1999.

A cette occasion, il a annoncé l'ouverture du site ebusinessgeneration.com qui a l'ambition de devenir avec le soutien de grandes entreprises nationales et internationales, la première pépinière virtuelle française en matière de soutien à la création de micro-activités en ligne.

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